La mise
en bouteille
Après la (ou les) fermentation(s)
et le soutirage, les vins sont filtrés suivant différents
procédés combinés ou non (kieselguhr, plaques, tangentiel,
cartouches) et stabilisés avec un dernier sulfitage. Après
une stérilisation du matériel, la mise en bouteille peut se
faire. Je rappellerais toutefois que les différents travaux
s'opérant en cave ne se font que quand les travaux des vignes
se relâchent. Les mois de mai (fin de la réparation des vignes
et de l'arcage) et fin août, début septembre (fin de la pousse
des pampres) sont ceux les plus propices pour la mise.
Les bouteilles sont posées sur
la chaîne et, après avoir été rincées et égouttées sont remplies
en vin. Tout produit alcoolisé changeant de volume avec la
température, il est nécessaire de remplir les bouteilles au-dessus
du niveau et de réajuster à l'aide d'une doseuse que l'on
modifiera au cours de la journée.

Ensuite, à l'aide d'une pompe
à vide, les poudres de bouchons sont extraits de la cavité
d'introduction du bouchon, une injection de gaz "neutre" sera
opérée audessus du vin ainsi qu'une dépression juste avant
la fermeture de la bouteille par le bouchon.

Les bouteilles sont ensuite logées
dans des caisses de 600 b. et mises en cave de stockage jusqu'au
moment de la vente où elles seront remontés, lavées, capsulées
et étiquetées. Mais cela est une autre histoire. Le vin à
mettre en bouteille, après avoir été filtrée "stérile" passe
par un filtre de sécurité ( filtre à cartouche ) puis sa mise
à disposition est générée par une pompe liée à une jauge plongeuse
qui alimentera la cuve tampon tout au long de la mise. Le
débit moyen pour mettre en bouteille est de l'ordre de 1800/2000
bouteilles/heure. Ce travail s'effectue avec trois personnes:
une qui pose les bouteilles sur la chaîne, une autre qui les
empile dans les caisses-palettes et la troisième qui alimente
en palettes de bouteilles vides, en palettes vides, en bouchons,
qui range les palettes à la cave, qui vérifie le bon fonctionnement
de l'alimentation en vin, etc.

II y a de cela moins de vingt
ans, chaque viticulteur recyclait ses bouteilles. II s'agissait
alors d'enlever (ou de gratter) la capsule, l'éventuelle médaille,
le bouchon qui restait dans la bouteille, puis de laver les
bouteilles dans un bain de soude chaude. A la sortie, vérification
de la propreté, des éventuelles fêlures ou défauts puis dans
un délai le plus court possible, mettre en bouteille. Cette
activité s'est trouvée être très onéreuse et difficile à gérer
au niveau de la place et du timing, mais la cause essentielle
de sa cessation vient des différentes teintes de verre mise
sur le marché dans les toutes dernières années.
Un autre fait marqua la fin de cette activité : le passage
de la bouteille d'Alsace de 700ml à 750ml. Les bouteilles
de ces différents volumes récupérée étant très difficiles
à différencier les unes des autres, la plupart, pour ne pas
dire toutes passèrent dans les bacs verts de verre recyclé.

