La chasse en Alsace

Quelques notions de base sur le gibier et la chasse en Alsace.

Dans les trois départements d'Alsace et de Moselle, annexés par l'Allemagne en 1871, la chasse est régie par deux grandes lois allemandes de 1881 et 1883. Elles ont été reprises dans le droit français et sont toujours en vigueur aujourd'hui. Pour simplifier on résumera qu'ailleurs, avec un permis de chasse valide, chacun peut tirer sur ses terres. Chez nous, si on ne possède pas un terrain de plus de 25 hectares d'un seul tenant, il y a communalisation de la chasse. Toutes les communes et les petits propriétaires privés sont tenus de louer leur terre à des chasseurs avec un cahier des charges précis, le plan de chasse, mis en œuvre par le préfet en consultation avec les intéressés. Le chasseur paye un droit annuel pour se promener fusil à l'épaule et ceci explique en partie la grosse présence de véhicules immatriculées en Suisse ou en Allemagne. Les propriétaires sont consultés tous les neuf ans lors de la remise en adjudication du bail et bénéficient théoriquement de la répartition des bénéfices de la saison, même si, dans la très grande majorité des cas, ces sommes sont abandonnées à la commune.

Ce système est plus ingénieux qu'il n'y paraît car il permet d'une part de générer un revenu et d'autre part de planifier une organisation. Le préfet, statistiques à l'appui, peut fixer le nombre maximum d'animaux que les chasseurs peuvent prélever sans déséquilibrer la diversité de la faune. Cette discipline très germanique permet à l'Alsace d'abriter un cheptel de grand gibier assez exceptionnel.
Les dégâts infligés par les animaux sauvages (principalement les sangliers) sont pris en charge par le syndicat général des chasseurs en forêt d'Alsace-Moselle via un système de mutualisation. La cagnotte est alimentée par des cotisations obligatoires (10% du loyer versé à la commune et un forfait d'environ un euro par hectare loué).
Chez nous, le chasseur n'est plus l'équivalent d'un quelconque cueilleur sur sa propriété, mais le gestionnaire d'un véritable capital cynégétique.

Mais tout cela n'est pas aussi idyllique que prévu, car l'idée maîtresse de la loi locale est celle d'une dépossession temporaire du droit de chasse. Elle laisse à comprendre que sauf cas particulier, on est, à priori, tenu d'autoriser les tirs sur son terrain même si on déteste ça. (Pour échapper à cette obligation, il faut savoir que le gouvernement accorde aux propriétaires la possibilité de refuser l'accès à leurs terrains aux chasseurs mais Ies démarches sont contraignantes. On peut clôturer intégralement sa propriété ce qui empêche le passage du gros gibier et accessoirement, du gros chasseur. Ou encore prier pour que sa propriété se situe à moins de cent cinquante mètres de toute habitation).
Certains "défenseurs de la nature" pensaient également pouvoir se porter acquéreur d'une chasse, ne pas l'utiliser et offrir un havre de paix aux animaux mais l'Alsace-Lorraine édicte un monopole d'attribution des lots de chasse aux personnes moral, chasseurs pratiquants ou "pro-chasse", et exclut la possibilité pour une association de préservation de la faune de se porter locataire. Cette politique restrictive alsacienne qui s'apparente parfois à un véritable luxe contribue énormément à la limitation du nombre de chasseurs... donc de carnage.

RECETTE : CIVET DE MARCASSIN

Pour 6 personnes

Ingrédients pour la marinade :
- 60cl de vin rouge et un doigt de schnaps : pinot noir, rouge de Saint-Hippolyte
- 1.2 kg de marcassin
- 2 oignons émincés
- 1 poireau émincé
- 4 carottes
- 15 graines de coriandre écrasées,
- 1 branche de thym,
- 2 feuilles de laurier,
- sel, poivre
- 2 pincées de 4 épices
- 4 c.à soupe d'huile d'olive

Pour le reste :
- huile d'olive
- 30 g de beurre ramolli
- 30 g de farine
- 3 zestes d'orange bio ( ou confiture de groseilles)

1. La veille, préparer la marinade. Couper la viande en petits morceaux, émincer les oignons, le poireau, les carottes en rondelles et les mettre dans un plat. Verser le vin rouge pour couvrir la viande et les légumes. Rajouter les épices, l'huile d'olive et mettre au réfrigérateur le plat couvert jusqu'au lendemain.

2.Le jour même. Retirez la viande de la marinade à l'aide d'une passoire. Conservez la marinade. Faites griller la viande à l'huile d'olive dans votre cocotte, puis versez la totalité de la marinade sur la viande à feu doux. Frottez le fond de la cocotte pour mélanger le suc de la viande à la marinade. Ajoutez les 3 zestes d'orange. Laissez cuire une heure trente.

3. Mélanger le beurre et la farine à la fourchette et faire fondre le mélange dans le plat en remuant. Le but est de faire épaissir la sauce. Laissez cuire encore une heure.

4. Si l'apéro se prolonge... rajoutez un peu de vin rouge si vous voyez que votre sauce devient trop épaisse... Si elle reste trop liquide, un peu de farine en plus suffira à lui donner une consistance, mais faites attention à ne jamais verser la farine directement dans le plat, vous feriez des grumeaux. Délayez la farine dans une louche avec de plus en plus de sauce, puis remettez dans le plat. Avantage du plat: il peut rester une heure ou deux en plus sur le feu sans problème. Le must : Faire cuire à feu vif 200 g de girolles et 400 g de champignons de Paris nettoyés et salés dans une poêle anti-adhésive jusqu'à ce qu'ils aient perdu totalement leur eau. Verser les champignons dans le plat juste avant de servir.

L'accompagnement : Vous pouvez remplacer les traditionnels spaëtzele par une purée ou des nouilles à l'alsacienne, bien sûr ! Accompagnement : Un pinot noir élevé en pièce de chêne.

Domaine Muller-Koeberlé, Viticulteur - 22, route du Vin - 68590 ST-HIPPOLYTE - France
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