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Le soutirage
L'opération
en elle-même est simple - séparer les lies du vin.
Pour entrer un peu plus dans les détails, voici quelques
explications instructives. Durant une fermentation, les levures
en consommant du sucre, consomment également de l'oxygène.
Le vin qui se forme a été, durant sa faible vie
de moût, soumis à un sulfitage ( adjonction de
souffre pour éviter de brunir et de s'oxyder). Donc,
on a protégé le vin de l'oxydation. Si les levures
consomment tout l'oxygène, il y a formation de H2S en
combinant H20 + S02.
Le phénomène se passe de la manière suivante
-. tant qu'il y a de l'oxygène, les levures en consomment,
ensuite plus d'oxygène= réduction ( absence d'02).
La réduction et le manque d'02 se fait par le bas de
la cuve, alors que le haut peut se trouver en oxydation vu qu'il
est en contact de l'air ( on ne peut jamais lors d'une fermentation
remplir une cuve à 1 00% sinon elle déborde.)
Une réduction s'annule avec une oxydation en cas d'homogénéisation
mais les deux états ne sont pas nécessairement
au même stade.
Pour en revenir à la généralité,
on soutire un vin en le vidant dans un bac afin de l'aérer
pour ensuite l'intégrer dans une nouvelle cuve.( dans
le temps, on utilisait un fagot de sarments).

Le soutirage peut
se faire avant la fin de la fermentation afin de lui laisser
du sucre restant. (Les lies sont un véritable bouillon
de culture, et levures et bactéries y sont légions).
Il peut également se faire sans aération( sur
pinot noir ) pour permettre à la fermentation malo-lactique
de ne pas être gênée, ( les bactéries
lactiques ont l'oxygène en horreur) tout en évitant
une réduction.
Le soutirage n'est en fait pas une opération indispensable
directement après fermentation. Certaines vinifications
peuvent se faire justement en mélangeant continuellement
les lies au vin en jouant sur l'oxydo-réduction. Ce sont
généralement des barriques qui sont utilisées
( 228L) parce qu'en grande cuve, on a énormément
de difficultés pour remettre les lies en suspension.
( Cette façon de faire sur barrique s'appelle - le batonnage)
Le phénomène de réduction est d'autant
plus important (outre la sensibilité de tel ou tel cépage)
que la cuve est haute et étroite. Plus il y a de pression
exercée sur les lies, plus le phénomène
est important et critique.
Ensuite, après soutirage et donc présence d'oxygène,
on protège le vin avec du souffre pour éviter
toute refermentation, permettant ainsi une meilleure sédimentation,
et rendant le milieu hostile à tout micro-organisme.
Si la fermentation alcoolique est terminée, que le vin
est en manque d'oxygène, les bactéries malo-lactiques
présentes dans les lies se trouvent alors en milieu favorable
pour se mettre en activité ( les bactéries malo-lactiques,
outre l'oxygène, sont très sensibles au souffre),
Les levures et les bactéries travaillent rarement ensembles
mais, par contre, dès que les levures sont mortes ou
inopérantes, les bactéries peuvent prendre le
relais.
Au viticulteur donc de choisir son type de vin, sa méthode,
et ses goûts pour obtenir de la nature le meilleur de
son potentiel.

Fond de cuve avec présence de tartre et de lies après
soutirage.
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