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Le surgreffage
Nous
avons eu l'occasion de faire un échange de parcelle, échangeant
de cette manière notre parcelle de sylvaner contre une parcelle
de pinot noir du même tenant. Cette nouvelle parcelle se trouve
être en Grand Crû ( ores, le pinot noir n'est pas un cépage
autorisé en tant que Grand Crû, seuls le Riesling, le Muscat,
le Tokay Pinot Gris et le Gewurztraminer sont acceptés.)
Afin d'optimiser cette parcelle, deux solutions se présentaient
: arracher la parcelle ( et attendre 15 ans avant d'obtenir
des raisins de qualité ) ou alors, adopter la technique du surgreffage
( une nouveauté pour nous ).
Cette technique consiste à greffer, lors de la pousse, un greffon
du cépage choisi, sur le pied. ( Gain de temps pour l'enracinement
et la qualité de la récolte, et gain au niveau des piquets,
fils de fer, ancrage, ce matériel restant en place. )
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| (greffe
en place) |
(greffon
utilisé) |
La
parcelle n'étant que de 16 ares, la décision du surgreffage
fut prise. Donc, recherche d'un " surgreffeur "…qui se trouva
être M. Kaspar Didier. Après une prise de rendez-vous pour examiner
la parcelle, l'accord fut conclu. Vinrent ensuite les démarches
administratives : demande d'autorisation de surgreffage auprès
de l'INAO et de la direction générale des douanes et droits
indirects.
Après retour de la demande, acceptée, il fallut commander les
greffons chez le pépiniériste avec comme spécificité, le fait
de les garder en chambre froide jusqu'à mi-juin. A cette dernière
date, début des travaux.
La vigne a été taillée de façon classique, avec juste une arcure
au lieu de deux, arquée, puis spécifiquement ébourgeonnée mécaniquement
afin d'enlever l'écorce superficielle du pied ( liber ) et avoir
une surface de greffage propre.
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| (
ébourgeonnage mécanique) |
La greffe se passa sur trois, quatre
jours, sous une forte chaleur.( 7 au 11.06.03 )
Au
bout de deux, trois jours, les premières greffes manifestaient
leur présence par un gonflement du bourgeon.
De
suite après la greffe, il faut opérer une taille en vert,
ne laissant sur le pied qu'un tire-sève constitué d'un pampre
montant jusqu'au dernier fil du haut.( 12 et 13.06.03 )
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(Impressionnant) |
(Descendre
une vigne en production n'est pas de toute quiétude) |
Pour une meilleure reprise de la greffe, chaque pied a besoin
de 10 à 15 litres d'eau….Donc 700 x 15 = 10500 l. Heureusement,
durant le week-end, une bonne pluie arrive à bon escient
mais l'arrosage reste nécessaire. Durant trois jours ( 16,
17 et 18.06.03 ), chaque pied reçoit une dizaine de litres.
( deux tracteurs sont nécessaires, un pour transporter l'eau,
l'autre pour l'arrosage ).
L'eau est apportée sous pression
jusqu'à saturation de la terre.
Quelques jours plus tard,
une nouvelle taille est préconisée : couper le pampre à
trois feuilles.
Fin juillet, un nouveau passage
d'observation me fait observer deux choses : certains greffons
ont fané, souffrants de la sècheresse, et d'autre part,
un nouveau passage de coupe en vert est nécessaire.
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| (certaines
greffes poussent avec difficulté) |
(vue
d'ensemble après le dernier passage de taille en vert
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| (certaines
pousses ont souffert de la sècheresse) |
(
alors que d'autres ont très bien poussé ) |
Le bilan général de cette
opération reste mitigé : certains pieds ne pouvant pas être
greffés, d'autres plants greffés ayant desséché, un certain
nombre de pieds devront être remplacés dès le printemps
prochain.
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